Avec le HV10, Canon propose un caméscope HDV particulièrement séduisant pour un usage grand public. Le Canon HV10 permet de filmer et d'enregistrer en 1080/50i sur une simple cassette mini-DV. Il est également possible de filmer en résolution standard à la norme PAL en 16/9e ou en 4/3.
Un design attrayant
Le Canon HV10 surprend quelque peu par son aspect carré. Difficile de dire s’il s’agit d’un format horizontal ou vertical ! Mais ce qui frappe surtout c’est son design soigné et ses finitions irréprochables. Le haut de gamme chez Canon ne nous a encore jamais déçu de ce point de vue là. Canon affirme par ailleurs qu’il s’agit du plus petit des caméscopes HDV actuellement disponibles. On reste toutefois encore assez loin de la compacité extrême de certains modèles SD. Il ne pèse que 440 grammes environ, mais donne une impression générale de robustesse. C’est donc un très bel objet que l’on a hâte de prendre en main.
Une ergonomie un peu particulière
Malheureusement c’est là que les choses se gâtent un peu, en particulier si vous avez de grandes mains. A cause de sa forme un peu carrée et de son hésitation entre un format franchement vertical et horizontal, la prise en main est moins franche qu’avec des formats traditionnels. L’intention du fabricant semble plutôt bonne puisqu’une fois la main glissée sous la sangle, le caméscope repose sur la paume avec un angle d’environ 45°. Il est donc possible de filmer sans avoir a casser le poignet vers le haut ou vers le bas comme avec un format horizontal ou vertical, respectivement. Dans la pratique toutefois, on se rend vite compte que la prise en main est un peu moins franche et l’utilisation de la sangle est presque indispensable. Là où le bât blesse réellement c’est si vous avez de grandes mains car il devient assez difficile de contrôler la molette de zoom sans décoller la paume de l’appareil. Cela fait malheureusement perdre toute stabilité lors de la prise de vues. Si vous avez des mains de taille plus standard, vous souffrirez moins de ce problème, mais nous ne pouvons que vous conseiller de faire vous-même des essais de prise en main chez un revendeur afin de voir si l’ergonomie un peu particulière du caméscope vous convient.
Contrairement au Sony HDR-HC3, le Canon HV10 ne dispose pas d’un écran LCD tactile et les réglages s’effectuent donc de manière plus traditionnelle, à l’aide de boutons placés sur le corps de l’appareil et d’une molette de navigation. La mise sous tension du caméscope et la commande marche/arrêt d’un enregistrement s’effectuent avec le pouce sur la face arrière du HV10. Le zoom est, quant à lui, contrôlé avec l’index, tout comme l’enregistrement d’une image fixe. A cause de la prise en main un peu particulière et du fait du rapprochement des touches zoom et photo, il nous est arrivé plusieurs fois lors de nos essais d’appuyer malencontreusement sur le déclencheur, ce qui a pour effet d’engendrer un gel momentané de l’image si vous avez activé le mode d’enregistrement simultané vidéo et images fixes.
De nombreux réglages accessibles directement
Le nombre de boutons en façade est plus élevé que sur le Sony HDR-HC3 et certains réglages peuvent ainsi être effectués sans avoir à passer par le menu principal. Une touche « Function » permet d’accéder rapidement aux réglages de l’image elle-même, et de définir le programme, le type de mesure d’exposition, ainsi que la balance des blancs. Vous pouvez également appliquer un certains nombres d’effets à votre vidéo, notamment pour baisser le renforcement électronique des contours, ou adoucir les tons chairs. Lorsque vous êtes en mode photo, cette même touche vous permet de définir la résolution de l’image et de choisir entre un déclenchement unique ou continu. Sous ce bouton « Function » se trouve une touche vous permettant d’opter pour un mode de mise au point manuelle. Dans ce cas, inutile toutefois de chercher la bague de mise au point sur l’objectif, vous ne la trouverez pas. Comme sur la quasi-totalité des caméscopes grand public, la mise au point manuelle s’effectue désormais en utilisant la petite molette de sélection. Inutile de dire que vous utiliserez bien plus souvent le mode autofocus, d’autant plus que ce dernier s’est révélé être très efficace et qu’il est possible de basculer a tout moment entre une mise au point s’effectuant sur la zone centrale ou sur une analyse de neuf zones de l’image. En mode manuel, une touche « Focus assist » permet de zoomer momentanément dans l’image afin de faciliter la mise au point. Enfin, en gardant la touche « Focus » enfoncée plus de 2 secondes, l’objectif se règle automatiquement sur l’infini. Sous la touche « Focus » se trouve un dernier bouton dédié au réglage de manuel de l’exposition, ainsi qu’à la recherche automatique de la fin du dernier enregistrement afin de recaler correctement la bande. Le reste des touches se trouvent sous l’écran LCD et permettent notamment de passer en mode contre-jour, d’activer les effets numériques, mais également le flash photo et la torche vidéo qui équipent ce modèle. En mode lecture, ces mêmes touches servent à contrôler le défilement de la bande. Si nous prenons la peine de détailler le fonctionnement de ces boutons, c’est pour mettre en avant les possibilités de réglages manuels du Canon HV10 et de souligner la différence avec le Sony HDR-HC3 sur lequel presque tous les réglages s’effectuent sur l’écran LCD tactile. Il y a donc une différence fondamentale entre les deux caméscopes de ce point de vue. La préférence pour l’un ou l’autre type de fonctionnement dépendra ainsi en grande partie de vos habitudes passées, ainsi que de vos besoins réels de réglages manuels. Le reste des réglages s’effectue en passant par le menu principal, qui s’en trouve toutefois simplifié. Outre la configuration générale du caméscope, il sert également à choisir le mode d’enregistrement DV ou HDV, et permet d’activer certaines fonctions comme l’affichage de repères ou de barres zébrées sur les zones surexposées de l’image. On y retrouve également des fonctions comme le « peaking » qui souligne les contours des objets afin de faciliter la mise au point. Malgré ses nombreuses possibilités de réglage, certaines caractéristiques font que le Canon HV10 ne saurait réellement convenir à une utilisation professionnelle et risquerait de frustrer l’amateur réellement exigeant. Outre l’absence de vraie bague de mise au point, on notera ainsi que HV10 ne bénéficie d’aucune indication précise d’ouverture de l’iris et que l’exposition se règle ainsi un peu à l’aveuglette. Plus gênant encore, le caméscope n’offre aucune possibilité de contrôle manuel du gain. L’absence de prises casque et micro externe vient confirmer cet état de fait. Le Canon HV10 ne comporte d’ailleurs pas non plus de griffe porte accessoires et le micro interne est placé sur le dessus de l’appareil. On apprécie par contre le volet automatique qui vient protéger l’objectif lorsque le caméscope n’est plus en mode enregistrement.
Mais où est la prise HDMI ?
La connectique est répartie sous deux petits caches en plastique, un à l’avant et l’autre à l’arrière de l’appareil. On y on trouve d’un côté la prise USB, ainsi qu’un connecteur permettant de brancher l’adaptateur secteur. A l’avant sont regroupés les ports spécifiquement vidéo, c’est-à-dire la prise DV/HDV (Firewire), et ports vidéo analogiques, en composantes et en composite A/V. Le caméscope est livré avec l’ensemble des câbles analogiques nécessaires, mais pas de câble DV. Mais la particularité la plus frappante est sans aucun doute l’absence de prise HDMI, proprement incompréhensible sur un appareil se voulant haut de gamme. Cela signifie que vous n’aurez d’autre choix que de brancher votre caméscope en analogique sur votre téléviseur HD-Ready. Cette absence de port HDMI n’est peut-être pas trop pénalisant en termes de qualité d’affichage de l’image sur le téléviseur mais elle n’en reste pas moins fort regrettable.
L’enregistrement des photos s’effectue sur carte mémoire MiniSD et son emplacement se trouve sous l’écran LCD. Mauvaise surprise en ce qui concerne les cassettes, puisque leur éjection des cassettes s’effectue par le bas. Cela peut non seulement s’avérer gênant si vous utilisez un trépied, mais cela implique aussi devoir sortir la main de la sangle pour pouvoir changer de cassette.
Une technologie avancée
Le HV10 est équipé d’un unique capteur, de type CMOS (Complementary Metal-Oxyde Semiconductor). Il est au format 4/3, et mesure 1/2,7", pour une résolution de 2,96 millions de pixels au total. Le nombre de pixels effectifs varie en fonction de l’utilisation de l’appareil. En mode vidéo HDV ou DV 16/9e, 2,07 millions de pixels sont utilisés pour générer l’image, contre 1,55 en mode DV 4/3. Notons que dans ces deux cas, nous avons un nombre de photosites utilisés qui est largement supérieur à la résolution des formats HDV et DV en nombre de pixels ! Ce sur-échantillonage est censé permettre une définition plus fine de l’image, mais peut-être est-il également responsable de certaines faiblesses en basse lumière… En mode photo, on atteint les 2,76 millions de pixels utiles. La taille du capteur ainsi que la résolution affichée sont assez nettement supérieurs à ceux du Sony HDR-HC3. Il faut dire que Canon utilise depuis longtemps la technologie CMOS sur ses appareils photo numériques. Il est équipé du processeur Canon DIGIC DV II optimisé pour la HD et profite d’un nouveau système de mise au point automatique.
Une excellent stabilisateur optique
L’objectif offre une puissance de zoom optique 10x, ce qui est dans la moyenne, et équivalent à ce que l’on trouve sur le Sony HDR-HC3. La focale minimale est de 43,6 mm en mode 16/9e et de 53 mm en mode 4/3 (en équivalences photo 24x36). C’est clairement un des points faibles de ce caméscope, et vous pourrez être amené à utiliser un complément optique grand angulaire. L’objectif ouvre à F1,8 en grand angle et F3 en longue focale. La très bonne surprise vient par contre de la présence d’un stabilisateur d’image de type optique, fonctionnant par décentrement. Son comportement s’est avéré être exemplaire lors de nos tests, et cela est d’autant plus appréciable que le HV10, de par sa compacité et son poids plume, n’aide pas à filmer de manière complètement stable. Il s’agit également un des atouts importants par rapport au Sony HDR-HC3 qui dispose quant à lui d’un stabilisateur élecronique. L’écran est LCD est au format 16/9e, ce qui signifie que lorsque vous filmez en 4/3, il sera marqué de chaque côté par des barres verticales. Il est plutôt petit, arborant une diagonale de 6,9 cm, soit 2,7", mais sa résolution atteint les 210 000 pixels, ce qui est un minimum pour pouvoir être à même de retranscrire d’éventuels défauts de l’image comme une mise au point approximative. Le viseur est en couleur et une glissière permet d’en ajuster la dioptrie. Il ne peut par contre pas être relevé et doit donc être utilisé impérativement à hauteur d’œil. Sa résolution étant largement inférieure à celle de l’écran LCD, on préférera généralement utiliser ce dernier.
Le Canon HV10 se démarque également par la double présence d’un flash automatique pour les prises de vue fixes et d’une petite torche pour la vidéo. La portée de cette dernière n’est évidemment pas exceptionnelle mais cela permet malgré tout de filmer dans l’obscurité et se présente comme une alternative intéressante au célèbre mode infrarouge Nightshot qui équipe les caméscopes Sony.
Numérisez vos vidéos analogiques : en SD uniquement.
Une des caractéristiques particulièrement intéressantes du HV10 est sa capacité à filmer au choix en HDV ou en DV, ainsi qu’à enregistrer en HDV et convertir ensuite à la volée le signal en DV. Cette option permet par exemple de filmer en HDV, conserver tous ses rushes en haute définition, mais effectuer le montage en résolution standard, en attendant d’être équipé en HD. L’entrée DV/HDV est activée sur ce modèle et vous pouvez donc sauvegarder vos montages dans ces formats. On apprécie également la présence d’une entrée analogique permettant de convertir une source analogique en numérique. Cette conversion est toutefois limitée au format DV. Inutile donc d’espérer pouvoir convertir vos veilles cassettes VHS en HD !
Un mode photo tout à fait classique
Le mode photo permet d’enregistrer des images fixes sur une carte miniSD. Canon ne fournit aucune carte avec le caméscope. La qualité des images fixes générées par le caméscope est honnête, sans plus, ne pouvant rivaliser avec celle d’un APN dédié. Plusieurs résolutions d’images sont disponibles. La première exploite au maximum le capteur, est au format 4/3 et correspond à 3,1 megapixels, soit une résolution de l’image de 2048x1536 pixels. Les autres formats offrent une résolution de 1440x1080 ou 640x480 pixels. Un quatrième format, en 1920x1080 pixels, permet d’obtenir des clichés avec un rapport d’aspect 16/9e. Ils peuvent dans ce cas être enregistrés de manière simultanée alors même que vous êtes en train de filmer, ou lorsque vous relisez votre bande vidéo tournée en HDV. Les photos sont transférées via le port USB 2.0 du caméscope et peuvent être imprimées directement grâce à la fonction PictBridge. Des opérations de recadrage et de retouche basique peuvent dans ce cas être effectuées directement sur l’écran LCD du caméscope. Le flash dispose d’un mode anti-yeux rouges.
Pas de réglages audio
En HDV, le son est également compressé. Cette compression, de type Mpeg1 Layer II à 384 kHz, n’est toutefois pas réellement gênante pour l’enregistrement de dialogues. Les niveaux audio ne peuvent pas être réglés manuellement, et l’absence d’entrée micro et de prise permettant le branchement d’un casque fait partie des principales lacunes du HV10. Il ne dispose pas non plus de fonction de doublage permettant l’enregistrement de commentaires audio à posteriori.
Le HV10 est livré avec une batterie InfoLithium BP-310 dont l’autonomie moyenne tourne autour de 50 minutes en fonction de l’utilisation. Ce n’est pas énorme mais le fabricant propose en option une batterie longue durée BP-315. Le HV10 est livré sans chargeur externe, ce qui signifie qu’il faut le laisser branché sur le secteur pour charger la batterie. Il est livré avec un adaptateur plutôt compact et léger. Une télécommande à infrarouge complète l’équipement fourni avec le caméscope.
Superbe définition d'image
La bonne surprise vient de la qualité de l’image qui est tout simplement extraordinaire pour un caméscope aussi compact. Le rendu de l’image est très naturel. Les couleurs ne sont pas trop contrastées et les contours sont assez doux. De cela résulte une image très plaisante, qui ne souffre pas trop du côté électronique que l’on trouve souvent sur les caméscopes grand public. La résolution du capteur permet d’obtenir une image bien définie sans qu’il soit nécessaire d’accentuer artificiellement les contours. De ce point de vue là, les résultats obtenus avec le HV10 sont plus que satisfaisants et le Canon nous a paru surpasser quelque peu le Sony HDR-HC3 dont les couleurs sont par défauts plus criardes et les contours plus accentués. Sur deux autres points le capteur montre malheureusement ses limites. Le premier concerne la latitude de contraste qui est relativement limitée. En conséquence, la marge de manoeuvre en haute lumière reste relativement faible. Comme vous pourrez le constater sur les extraits vidéo accompagnant ce test sur le DVD du magazine, il n’est pas rare de se retrouver avec des zones claires en surexposition, surtout lorsque le soleil brille à l’extérieur. Cette surexposition se traduit par des zones de l’image totalement blanches ou « cramées ». Certes, le HV10 dispose d’une fonction d’affichage de barres zébrées, ainsi que d’un histogramme, permettant de contrôler les niveaux. En conditions de tournage contrôlées et en passant en mode manuel il est donc tout à fait possible d’obtenir une excellente qualité d’image. Mais dans la majorité des cas il n’est possible de maîtriser l’éclairage de ce que l’on est en train de filmer et cette faible latitude de contraste devient problématique. Cela n’est pas trop gênant pour une utilisation de type familiale mais s’avère être franchement rédhibitoire si vous espériez pouvoir utiliser ce caméscope de manière plus professionnelle. L’autre point faible du caméscope concerne la sensibilité en basse lumière. Le HV10 est annoncé comme ayant une sensibilité minimale de 1 lux, mais ce chiffre ne veut pas dire grand-chose. Dans la pratique, l’image se dégrade rapidement dès que la luminosité baisse, et ce d’autant plus qu’il n’est pas possible de contrôler manuellement le gain. Sur ce point en particulier le Sony HDR-HC3 se débrouille un peu mieux, sans toutefois non plus faire de miracle.
Venons-en maintenant aux caractéristiques propres au format HDV. Il est des situations dans lesquelles la compression en Mpeg2 continue de montrer ses limites. L’algorithme de compression se sort assez bien des situations comportant des mouvements de caméra relativement lents ou comprenant des objets fixes ou suivis. Mais si par exemple vous effectuez des panoramiques rapides, vous pourrez observer les limites de ce type de compression. Sur un téléviseur, les artefacts de compression ne seront pas trop visibles en tant que tels, par contre l’image va perdre de sa netteté et va devenir un peu "molle". Ce phénomène peut surtout être observée si vous filmez une situation dans laquelle toute l’image bouge de manière aléatoire, comme la mer ou la surface d’un lac, comme dans nos exemples disponibles sur le DVD. Autre situation difficile, lorsque le gain est activé, l’image devient plus ou moins bruitée et se met à fourmiller. Si vous effectuez un panoramique dans ces conditions le processeur va également montrer ses limites. Le Canon HV10 semble toutefois ne pas trop mal se sortir de ces situations difficiles.
Conclusion
Il y a du bon et du moins bon dans ce premier caméscope HDV grand public signé Canon. Globalement, et notamment grâce à son excellente résolution d'image, ce modèle devrait séduire les amateurs équipés d'un téléviseur HD. Ceux-ci regretteront toutefois probablement l'absence de prise HDMI. Il faut cependant saluer comme il se doit l'arrivée de Canon sur le marché des caméscopes HD grand public. Ce HV10 concurrence directement le Sony HDR-HC3 et le surclasse sur certains points comme la stabilisation optique et la définition de l’image, tout en offrant une ergonomie bien différente. Si la prise en main du caméscope vous convient et que vous n’êtes pas trop gêné par ses faiblesses relatives en termes de latitude de contraste et de sensibilité en basse lumière, le Canon HV10 devrait pouvoir vous donner satisfaction. En attendant mieux.




