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Master, inserts, montage parallèle et transitions PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Steven-Marc   
Samedi, 10 Juin 2006 01:00

Sixième et dernière partie de notre série d’articles consacrés à la grammaire de l’image, pour en savoir plus sur la composition de l’image et le découpage d’une séquence.

 

 

Cet article fait suite à ceux consacrés aux Plans et séquences , aux Valeurs de plans , aux Axes et mouvements caméra, à la Composition du cadre, et à la Continuité visuelle et narrative.

Dans notre article précédent, nous avons détaillé l’importance de respecter une continuité visuelle et narrative au sein d’une même séquence. Le respect de la continuité est essentiel pour permettre aux plans de s’enchaîner ensuite correctement au montage. C’est là toute la difficulté d’un découpage réussi.

 

 

Plan maître et plans de coupe

 

Il existe heureusement deux moyens relativement efficaces de se prémunir contre ces problèmes de continuité. Le premier consiste à tourner systématiquement un plan maître couvrant l’ensemble de la scène va ensuite être découpée en plusieurs plans.

 

Le plan maître

L’utilité du plan maître est multiple. D’une part il permet de s’assurer d’avoir une solution dont on est sûr qu’elle pourra fonctionner au montage, même si elle n’est pas idéal. Le plan maître est en effet généralement un plan séquence qui pourrait, dans le pire des cas, être utilisé seul puisqu’il décrit l’ensemble de l’action. En tournant le plan maître en premier, vous réalisez d’une pierre deux coups.

Premièrement, vous permettez à toute l’équipe, mais aussi et surtout aux comédiens, de mémoriser l’ensemble de l’action ainsi que les différentes postures. Pour optimiser tout cela, faite en sorte que les comédiens reproduisent avec la meilleure exactitude possible l’ensemble de leur gestuelle d’une prise sur l’autre. Si les prises ne concordent pas entre elles, vous ne pourrez pas aller piocher dans chacune d’entre elles les meilleurs moments.

Deuxièmement, et grâce à la vidéo, vous vous réservez la possibilité, en cas de gros doute, de visionner ce plan maître avant de tourner les plans supplémentaires. Si par exemple vous ne vous souvenez plus si le personnage tenait son verre de champagne dans sa main droite ou dans sa main gauche à un moment précis de la scène, vous pouvez vous référer au plan maître tourné auparavant.

Attention toutefois à ce que cela ne devienne pas une habitude trop fréquente car, outre le fait que vous risquez d’abîmer la bande à force de passages successifs, ce visionnage de plans tournés précédemment peut finir par faire retomber la dynamique du tournage et faire perdre beaucoup de temps. N’oubliez pas de vous recaler correctement pour éviter les ruptures de timecode.

 

Plans de coupe

Les plans de coupe, de toute façon bien souvent indispensables pour rythmer le découpage d’une séquence, peuvent également être utilisés pour masquer des problèmes de raccords.

Dans notre exemple, notre héroïne a la tête nettement inclinée sur sa gauche dans le premier plan, alors qu’elle est plutôt inclinée sur sa droite dans le contrechamp. Si l’on passait directement du champ au contrechamp, ce faux raccord pourrait se voir. En insérant un plan de coupe plus ou moins rapide sur la flûte de champagne, nous nous affranchissons complètement de ce problème de raccord. Non seulement, notre héroïne a pu changer la position de sa tête pendant ce laps de temps, mais surtout, le spectateur n’a plus de repère visuel direct entre les deux plans !

 

(JPEG)
Utilisation d’un plan de coupe pour masquer un faux raccord.

 

Les plans de coupe (de champagne !) peuvent être utilisés pour sauver des situations beaucoup moins subtiles que celle-ci. L’essentiel étant de faire en sorte que deux plans présentant un problème de raccord ne se suivent pas directement une fois montés.

 

 

Montage parallèle

Le principal outil du langage cinématographique est le montage parallèle. C’est lui qui permet de faire vivre une scène, de lui donner du rythme, de créer des effets de suspense, de créer des effets de surprise.

L’exemple le plus évident de l’efficacité du montage parallèle est cette séquence classique dans laquelle l’héroïne est attachée sur des rails de chemin de fer. Deux actions continues vont être montées en parallèle jusqu’à un climax final, créant le suspense et l’excitation. D’un côté, nous avons des plans sur notre héroïne qui se débat et tente de se défaire de ses liens. De l’autre, des plans sur la locomotive, menaçante, qui avance en trombe sur la voie de chemin de fer. Les deux séries de plans, les deux actions parallèles, peuvent avoir été tournées à des moments complètement différents, à de centaines de kilomètre l’une de l’autre. Une fois juxtaposées grâce au montage, le suspense est créé. Cette technique de base n’a pas changé depuis un siècle et est toujours aussi efficace. Même si le public sait, par expérience, que l’héroïne va s’en sortir, il reste toujours un doute et le suspense fonctionne.

Il y a deux manières de préparer un montage parallèle sur le tournage. Soit en tournant une quantité de plans différents, relativement courts, pour chacune des deux actions, soit en tournant deux plans-séquences qui seront ensuite entrecoupés, l’un avec l’autre.

L’utilisation du montage parallèle est évidente pour une séquence d’action telle que celle que nous venons de décrire. Mais en y regardant de plus près, on se rend compte que l’on retrouve ce type de montage pour à peu près tous les types de situation. La raison en est simple, le montage parallèle permet de faire avancer l’action de manière dynamique. Notons également que ce type de montage n’est pas réservé aux films de fiction et peut tout aussi bien être utilisé sur un documentaire, suivant par exemple deux personnages. Le début d’un film de mariage est un autre bon exemple, avec un montage parallèle des préparations de la mariée et de son futur époux, avec un climax au moment de leur rencontre sur l’autel.

 

Action et réaction

Le montage parallèle peut être utilisé pour alterner entre deux séquences, mais il peut l’être également au sein d’une même séquence. Plutôt que de montrer l’intégralité de l’action dans un seul plan, nous avons souvent beaucoup à gagner à utiliser le hors champ pour dynamiser la composition, comme montré précédemment, mais également pour dynamiser le montage lui-même.

Pour cela, il est nécessaire de ne pas inclure toutes les informations de la séquence dans une même image. Cela permet de monter les plans en alternant les plans d’action avec ceux de réaction. Le plan action montre un personnage en train de faire quelque chose, et le plan réaction montre son effet sur son environnement. Un exemple très simple est celui dans lequel on voit un personnage tirer un coup de feu dans le premier plan, et son adversaire, censé avoir été touché par la balle, s’écrouler dans la plan suivant.

 

(JPEG)
Action et réaction.

 

Champ et contrechamp

Le montage parallèle au sein d’une même séquence est également la technique la plus utilisée pour un dialogue entre deux personnes ou plus. Si l’on travaille avec une caméra, on va généralement tourner d’une seule traite toutes les répliques d’un des deux personnages C’est le champ. Puis l’on change l’axe de la caméra pour la placer face au deuxième personnage et l’on tourne ses répliques à lui. C’est le contrechamp. Si l’on tourne à deux caméras, ce qui peut être le cas par exemple sur une interview, il devient possible de filmer le champ et le contrechamp en une seule prise. Les deux caméras devant de toute façon rester du même côté de la ligne des 180° il est tout à fait possible de tourner champ et contrechamp sans que l’une apparaisse dans le champ de l’autre.

L’utilisation du champ et contrechamp ne se limite pas aux scènes de dialogue. L’expression peut s’appliquer dès lors que l’on renverse la position de la caméra pour voir ce qui se trouve derrière elle. Comme ce qui s’y trouve est généralement l’ensemble de l’équipe de tournage, le tournage d’un contrechamp demande le plus souvent une nouvelle installation, voire un changement de l’éclairage.

 

Transitions

Soyons clairs, nous n’avons que peu de passion pour les effets de transition en tous genres dont se vantent de disposer les logiciels de montage. Certains de ces effets peuvent parfois servir pour une présentation de type multimédia, mais très honnêtement, moins on les utilise, mieux on se porte ! Ces transitions ne sont en effet que des ersatz, servant le plus souvent à masquer le fait que l’on ne s’est pas du tout soucier de ce problème de transition au moment du tournage.

Car c’est bien dès le tournage qu’il faut penser aux transitions que l’on va ajouter au montage et à la manière dont on va passer d’un plan à l’autre, et surtout d’une séquence à une autre.

 

Coupe franche

Au sein du même séquence, entre deux plans, la transition la plus utile et la plus utilisée est la coupe franche, sans effet, également appelée cut. Cette transition, ou absence de transition, est idéale pour enchaîner deux plans continus dans une même séquence.

Si elle ne demande pas vraiment de préparation particulière sur le tournage, hormis le fait de veiller aux éventuelles erreurs de raccords, sachez qu’une transition en cut est généralement plus efficace lorsqu’elle s’effectue sur un mouvement du personnage. Concrètement, le personnage amorce son mouvement dans le premier plan et le continue dans le plan suivant. Evidemment, il convient de filmer le mouvement dans son intégralité dans les deux axes qui seront utilisés, afin de se donner un maximum de marge au montage. C’est en effet au montage que l’on choisira le moment précis de la coupe. Le plus délicat est souvent de faire en sorte que l’amplitude, mais également la vitesse du mouvement, soient la même dans les deux plans.

 

Fondus

Le fondu est généralement utilisé en fin ou en début de séquence et permet de marquer une ellipse temporelle. En début de séquence, vous pouvez utiliser un fondu progressif depuis une image toute noire vers le premier plan de la séquence. Il faut dans ce cas prévoir un peut de temps supplémentaire au début du plan. Même chose en ce qui concerne un fondu au noir, sauf qu’il se place en fin de séquence, à la fin du dernier plan. Il permet généralement de laisser entendre que l’action se continue, bien que nous, spectateurs, nous la quittions pour passer à autre chose, ou pour faire un bond dans le temps. Enfin, le célèbre fondu enchaîné permet, comme son nom l’indique, d’enchaîner deux plans, en fondant l’un dans l’autre.

 

Volets

Les volets sont un peu passés de mode, même si George Lucas, par exemple, continue de les utiliser sur chacun des épisodes de La Guerre des Etoiles. Ils ont l’avantage d’être beaucoup plus expressifs que les fondus, et sont surtout utiles pour marquer une ellipse spatiale, un changement de lieu entre deux séquences. Contrairement au fondu, le volet fonctionne par recouvrement progressif d’un plan par un autre.

Mis à jour le Mardi, 18 Novembre 2008 15:53
 

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